Couvertures de livres

Couvertures de livres

Conception de couvertures de livre en édition, auto édition, pour des auteurs, des auto éditeurs, des éditeurs ou des imprimeurs – Création de couvertures de livre auto-édition.

Création de Couvertures livres magazines. Conception infographie de couverture de livre ou de magazines.

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Conception de couvertures de livre en auto édition, pour des auteurs, des auto éditeurs, des éditeurs ou des imprimeurs

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Histoire du livre

Entre le vie et le xviiie siècle, la production européenne de livres a été multipliée par un facteur de plus de 70 0001. L’évènement clé fut l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg au xve siècle.

L’histoire du livre est celle d’une suite d’innovations technologiques, commerciales et esthétiques qui ont permis d’améliorer la transmission des idées, l’accès à l’information, la conservation des textes, la portabilité et le coût de production. Cette histoire est intimement liée aux contingences politiques et économiques, à l’histoire des idées et des religions.

Origines

Premiers supports

L’écriture est la condition de l’existence du texte et du livre. C’est un système de signes linguistiques permettant de transmettre et de conserver des notions abstraites. L’écriture semble s’être élaborée entre le IXe et le IVe millénaire av. J.-C., d’abord sous la forme d’images qui sont devenues des ensembles pictographiques par simplification. De là sont nés ensuite les idéogrammes, puis les signes phonétiques symbolisant des sons (syllabes ou lettres).

Mais le livre est également lié à son support, à la volonté humaine de donner une matérialité durable à un texte. La pierre pourrait être le plus ancien support de l’écriture. Mais c’est le bois façonné en tablette à écrire, qui serait le premier véritable support livresque. Les mots biblos et liber ont d’ailleurs pour premier sens écorce intérieure d’un arbre. En chinois, l’idéogramme du livre est à l’image de tablettes de bambou. On a trouvé également des tablettes de bois sur l’île de Pâques.

On trouve ensuite des tablettes d’argile utilisées en Mésopotamie au IIIe millénaire av. J.‑C. Le calame, un morceau de roseau de section triangulaire, sert à imprimer des caractères dans l’argile encore molle. C’est l’écriture des Assyriens et des Sumériens, en forme de coins, d’où le nom d’écriture cunéiforme. Les tablettes étaient cuites pour être solidifiées. À Ninive, 22 000 tablettes ont été retrouvées, datant du viie siècle av. J.-C. ; c’est la bibliothèque des rois d’Assyrie, qui disposaient d’ateliers de copistes et de lieux de conservation. Cela suppose une organisation autour du livre, une réflexion sur la conservation, le classement, etc.

La soie, en Chine, fut aussi un support de l’écriture. On écrivait à l’aide de pinceaux. Bien d’autres supports furent utilisés : os, bronze, poterie, écaille de tortue, etc. En Inde, par exemple, on utilisa des feuilles de palmier séchées. Tous les matériaux qui permettent de conserver et de transmettre un texte sont donc susceptibles de devenir des livres. Dans ce cas, le corps humain pourrait être aussi considéré comme un livre, avec le tatouage, et, si l’on admet que la mémoire humaine se développe ou se transforme avec l’apparition de l’écriture, il n’est peut-être pas absurde de penser que cette faculté fait de l’homme un livre vivant2. Il est important de rappeler que pendant des siècles, de nombreux pans de la production textuelle et donc du savoir, passeront par l’oralité et la mémorisation : ainsi, sans parler du védisme, l’Iliade fut transmise par des aèdes.

Le papyrus

Article détaillé : Papyrus.

Les tablettes ont été remplacées par des volumina, rouleaux de papyrus, plus légers et plus faciles à transporter. Ce sont les principaux supports de l’Antiquité, en Égypte, en Grèce et à Rome.

Production

Après avoir extrait la moelle des tiges, une suite d’opérations (humidification, pressage, séchage, collage, découpage) permettait d’obtenir des supports de qualité variable, les meilleurs étant utilisés pour les écritures sacrées. On écrivait avec un calame (tige de roseau taillée en pointe) ou avec des plumes d’oiseau. L’écriture des scribes égyptiens est appelée hiératique, ou écriture sacerdotale ; ce n’est pas l’écriture hiéroglyphique, mais une forme simplifiée, plus adaptée à l’écriture manuscrite (les hiéroglyphes étant généralement gravés ou peints).

Le livre en papyrus

Le livre en papyrus a une forme de rouleau, collage de plusieurs feuilles atteignant les 10 mètres. Certains livres dépassent les 40 mètres (chronique du règne de Ramsès III). Il se déroule de manière horizontale ; le texte est d’un seul côté, disposé en colonnes. Le titre était indiqué par une étiquette liée au cylindre pour enrouler le livre. Les livres en papyrus que nous avons viennent de tombeaux où on déposait des prières et des textes sacrés (Livre des morts, début du IIe millénaire av. J.‑C.).

Ces exemples nous montrent que l’importance de retranscrire les valeurs politiques (histoire des pharaons) et religieuses (croyance à un au-delà) a probablement influencé l’évolution du livre en tant que support, tant par la quantité d’information à faire figurer (Papyrus en rouleau), que par le besoin de pérennité (amélioration de la conservation des textes).

Les scribes

Article détaillé : Scribe dans l’Égypte antique.

Le parchemin

Progressivement le parchemin remplaça le papyrus. La légende attribue son invention à Eumène II, roi de Pergame, d’où le nom de pergamineum qui a donné parchemin. Sa production commence vers le iiie siècle av. J.-C. Réalisé à partir de peaux animales (mouton, veau, âne, antilope, etc.), il permet une meilleure conservation dans le temps ; plus solide, il permettait aussi d’effacer le texte (Palimpseste). C’était un support très cher, à cause de la rareté de la matière et du temps de préparation.

Grèce et Rome

Le rouleau de papyrus s’appelle volumen en latin, mot qui signifie mouvement circulaireenroulementspiraletourbillonrévolution et enfin, rouleau de feuilles écrites, manuscrit roulé, livre.

Les Romains utilisaient aussi des tablettes de bois enduites de cire, où l’on pouvait imprimer et effacer des signes à l’aide d’un stylet, dont une extrémité était une pointe et l’autre une sphère. Ces tablettes de cire pouvaient être assemblées sous une forme proche du codex. Elles servaient par exemple pour apprendre l’écriture aux enfants (selon les méthodes évoquées par Quintilien dans ses Institutions Oratoires).

Description

Le volumen est enroulé autour de deux axes verticaux en bois. Il ne permet qu’un usage séquentiel : on est obligé de lire le texte dans l’ordre où il est écrit et il est impossible de poser un repère pour accéder directement à un endroit précis. Il est en cela comparable à nos vidéo-cassettes. Mais le lecteur a en outre les deux mains occupées à tenir les axes verticaux et ne peut donc pas écrire en même temps qu’il lit. Les seuls volumens encore en usage de nos jours sont les rouleaux de la Torah, dans les synagogues.

Culture du livre

Les auteurs de l’Antiquité n’avaient aucun droit sur leurs œuvres publiées ; il n’y avait ni droits d’auteurs ni droits d’éditeurs. Chacun pouvait faire recopier un livre, et même en modifier le contenu. Les éditeurs gagnaient de l’argent, et les auteurs y gagnaient surtout de la gloire : le livre rend son auteur immortel. Cela tient à la conception traditionnelle de la culture : un auteur se conforme à des modèles, qu’il imite en s’efforçant de les améliorer. Le statut de l’auteur n’est pas perçu comme un statut absolument personnel.

D’un point de vue politique et religieux, les livres furent très tôt censurés : ceux de Protagoras furent ainsi brûlés, parce qu’il niait que l’on pût savoir si les dieux existent. D’une manière générale, les conflits culturels entraînèrent d’importantes destructions de livres : en 303, l’empereur Dioclétien ordonnait de faire brûler les livres chrétiens ; et les chrétiens, à leur tour, détruisirent des bibliothèques. Ces pratiques sont courantes dans toute l’histoire de l’humanité. On voit quel peut être l’enjeu de ces luttes autour du livre : il s’agit de faire disparaître toute trace des idées de l’adversaire et de le priver ainsi de la postérité ou de l’immortalité qui faisait partie du sens de son œuvre. On frappe donc violemment un auteur quand on s’attaque à ses œuvres : c’est une forme de violence qui a peut-être plus d’efficacité que la violence physique.

Mais il y a aussi une forme de censure moins visible, mais tout aussi efficace, dans la mesure où le livre est réservé à une élite ; le livre n’est pas à l’origine un support de la liberté d’expression. Il peut servir à conforter les valeurs d’un système politique, comme à l’époque d’Auguste, empereur qui réunit habilement de grands écrivains autour de lui : c’est un bon exemple antique du contrôle d’un média par le pouvoir politique.

Diffusion et conservation du livre en Grèce

Nous n’avons pas beaucoup de renseignements concernant les livres en Grèce classique. Certains vases (vie et ve siècles av. J.-C.) représentent des volumina. Il n’y avait sans doute pas de commerce étendu du livre, mais il existait quelques emplacements consacrés à la vente.

La diffusion, la conservation et la réflexion sur le catalogage du livre et la critique littéraire se développent pendant la période hellénistique avec la création de grandes bibliothèques, répondant à un désir encyclopédique que l’on trouve déjà par exemple chez Aristote, et sans doute aussi pour répondre à des raisons de prestige politique :

Les bibliothèques avaient des ateliers de copistes et l’organisation générale des livres permettait d’assurer les fonctions suivantes :

  • Conservation d’un exemplaire de chaque livre ;
  • Traduction (Bible des Septantes par exemple) ;
  • Critique littéraire pour établir les textes de référence pour la copie (exemple : L’Iliade et L’Odyssée) ;
  • Constitution de catalogues de livres ;
  • La copie elle-même qui permettait de diffuser les livres.

Le développement de l’édition à Rome

L’édition du livre se développe à Rome au ier siècle av. J.-C. avec la littérature latine influencée par l’hellénisme. Cette diffusion concerne surtout des cercles de lettrés. Ainsi Atticus est-il l’éditeur de son ami Cicéron. Mais le commerce du livre s’étend progressivement à tout l’Empire romain : il y a par exemple des libraires à Lyon. Le livre se diffuse donc grâce à l’extension de l’Empire qui implique l’imposition de la langue latine à un grand nombre de peuples (en Espagne, en Afrique, etc.).

Les bibliothèques sont privées ou créées à l’instigation d’individus. Jules César voulait par exemple en créer une à Rome : on voit là encore que la bibliothèque est un instrument de prestige politique.

En l’an 377, il y avait à Rome 28 bibliothèques, et on sait qu’il existait aussi de nombreuses petites bibliothèques dans d’autres villes. Malgré cette grande diffusion du livre, nous n’avons pas une idée très complète de l’activité littéraire dans l’Antiquité car des milliers de livres ont été perdus.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le codex Manesse, un livre du Moyen Âge

À la fin de l’Antiquité (entre les iie et ive siècles), le codex va remplacer le volumen. Le livre n’est plus un rouleau continu, mais un ensemble de feuillets reliés au dos. Il devient alors possible d’accéder directement à un endroit précis du texte. Le codex est également plus facile à poser sur une table, ce qui permet au lecteur de prendre des notes en même temps qu’il lit. La forme du codex s’améliore avec la séparation des mots, les majuscules et la ponctuation, qui permettent une lecture silencieuse, puis avec les tables des matières et les index, qui facilitent l’accès direct à l’information. Cette forme est tellement efficace, qu’elle est encore celle du livre, plus de 1500 ans après son apparition.

Le papier remplacera ensuite progressivement le parchemin. Moins cher à produire, il permet une diffusion plus large du livre.

Le livre dans les monastères

De nombreux livres chrétiens furent détruits par ordre de Dioclétien en 304. Pendant les périodes agitées des invasions, ce sont les monastères qui vont conserver pour l’Occident les textes religieux et certaines œuvres de l’Antiquité. Mais il y aura aussi à Byzance d’importants centres de copie.

Le rôle des monastères dans la conservation des livres n’est pas sans ambiguïté :

  • la lecture était une activité importante dans la vie des religieux, qui se divisait en prière, travail intellectuel et travail manuel (dans l’ordre des bénédictins par exemple). Il était donc nécessaire de faire des copies de certaines œuvres. Il y avait ainsi des scriptoria (pluriel de scriptorium) dans beaucoup de monastères, où l’on copiait et décorait les manuscrits qui étaient conservés dans des armoires.
  • mais, contrairement à une idée reçue, la conservation des livres n’avait pas toujours pour finalité de conserver la culture ancienne : il s’agissait surtout de comprendre les textes religieux, avec l’aide du savoir antique. Certaines œuvres ne furent donc pas recopiées, jugées trop dangereuses pour les moines. En outre, par besoin de support, les moines grattaient les manuscrits, détruisant ainsi des œuvres anciennes. La transmission du savoir était donc surtout centrée sur les textes sacrés.

Copie et conservation des livres

Malgré cette ambiguïté, il reste que les monastères en Occident et l’empire d’Orient ont permis la conservation d’un certain nombre d’œuvres profanes, puisque des bibliothèques furent créées : par Cassiodore (Vivarium en Calabre, vers 550) ; ou par l’empereur Constantin Ier à Constantinople. Il y avait donc de nombreuses bibliothèques, mais la survie des livres dépendait souvent de la température ambiante et des luttes politiques et idéologiques, qui entraînèrent parfois des destructions massives ou des troubles graves dans l’édition (dispersion des livres, par exemple, pendant la querelle des iconoclastes entre 730 et 840).

À noter l’utilisation des livres de ceinture, du xiiie au xvie siècle, par les moines qui les portaient sur eux — parfois de région en région — tout en les protégeant du vol ou des intempéries.

Le scriptorium

Le scriptorium est le lieu de travail des moines copistes : les livres y sont copiés, décorés, reliés et conservés. L’armarius dirigeait les travaux et occupait la fonction de bibliothécaire.

Article détaillé : Enluminure.

Le rôle de copiste avait plusieurs dimensions : par exemple, grâce à ce travail, des œuvres circulaient d’un monastère à un autre ; la copie permettait aussi aux moines d’apprendre les œuvres et de perfectionner leur apprentissage religieux. En effet, ce travail laborieux faisait de la lecture du livre en même temps une écriture appropriative au service de Dieu. Le rapport au livre se définissait donc d’après le rapport intellectuel à Dieu. Mais si ces copies étaient parfois faites pour les moines eux-mêmes, il y avait aussi des copies sur commande, d’un autre monastère ou d’un grand personnage.

La copie en elle-même comportait plusieurs phases : préparation du manuscrit sous forme de cahiers unis une fois le travail achevé, présentation des pages, copie proprement dite, révision, correction des fautes, décoration et reliure. Le livre demandait donc des compétences variées, ce qui fait souvent d’un manuscrit une œuvre collective.

La fabrication du livre monastique ne répond pas à des impératifs économiques et commerciaux. Il s’agit avant tout de réaliser la plus belle œuvre possible, pour la plus grande gloire de Dieu.

Transformation de l’édition du livre à la fin du xiie siècle

Au xiie siècle, le renouveau des villes en Europe, lieux privilégiés de la production et des échanges matériels, commerciaux et intellectuels, change les conditions de production du livre et étend son influence, rompant avec le monopole monastique sur la culture écrite. Ce renouveau accompagne la renaissance intellectuelle de l’époque et correspond à ce que les historiens appellent la « période laïque » de l’histoire du livre à la fin du xiie siècle. Ainsi, selon l’historien Albert Labarre, « les abbayes cessent d’être les seuls centres de vie intellectuelle »3. Leurs scriptoria se spécialisent alors dans les manuscrits liturgiques et les ouvrages d’étude pour leur usage, ou parfois se muent en authentiques maisons d’édition et même, vers les années 1480 en France, en ateliers d’imprimerie4. L’essor des villes amène une nouvelle demande laïque avec une clientèle (cours princières, juristes, bourgeoisie enrichie par le commerce, étudiants) ayant besoin d’une littérature en langue vulgaire, « de livres, soit spécialisés (textes juridiques), soit de délassement (chroniques, romans, fabliaux) ou d’édification (opuscules de piété)5 ». C’est notamment autour des premières universités que se développent de nouvelles structures de production : des manuscrits de référence servent ainsi aux étudiants et aux professeurs pour l’enseignement de la théologie et des arts libéraux. Le développement du commerce et de la bourgeoisie entraîne également une demande de textes spécialisés ou non (droit, histoire, romans, etc.). Et c’est à cette époque que se développent les lettres (poésie courtoise, romans, etc.). Le métier de libraire prend en conséquence une importance de plus en plus grande.

Il y a également des créations de bibliothèques royales, par exemple par saint Louis et Charles V, avec Gilles Mallet nommé « libraire du roi ». Des livres sont également rassemblés dans des bibliothèques privées, qui prendront une grande ampleur aux xive et XVe siècles. L’aristocratie et la grande bourgeoisie commerçante commandent des ouvrages magnifiquement illustrés.

C’est au xive siècle que se diffuse en Europe l’utilisation du papier. Ce support, moins cher que le parchemin, est venu de Chine par l’intermédiaire de la culture arabe (xie et XIIe siècles en Espagne). Il servit surtout pour des éditions commodes, alors que le parchemin servit pour des éditions luxueuses comme le livre d’heures.

Époque moderne

La révolution Gutenberg

L’élaboration de nouvelles techniques d’imprimerie et de typographie par Gutenberg vers 1450 marque ce qu’on a considéré comme une véritable révolution du livre, qui est désormais reproduit à de nombreux exemplaires, mais reste à l’échelle artisanale. En effet, sur le moment, l’événement n’est pas une révolution en soi mais est en réalité une révolution technique et industrielle. Le livre n’est plus un objet unique, écrit ou reproduit à la demande. L’édition d’un livre devient une entreprise, nécessitant des capitaux pour sa réalisation et un marché pour sa diffusion. En contrepartie, le coût de chaque exemplaire baisse sensiblement, ce qui augmente peu à peu la diffusion du livre, dont l’expansion est cependant freinée par l’analphabétisme.

Article détaillé : Bible de Gutenberg.

L’Église catholique est plutôt réticente lors de l’avènement de l’imprimerie du fait de la large opportunité de diffusion des idées. Cependant, cette révolution technique permet surtout une plus large diffusion de la Bible en latin. À l’inverse, la Réforme protestante mettra l’accent sur la diffusion d’une bible en langues vulgaires. Toutefois, les premiers « best-sellers » semblent s’affranchir du problème que constitue la langue latine, les imprimeurs mettant très tôt sur le marché des ouvrages en langue vernaculaire, comme le Calendrier des bergers ou La Chronique de Nuremberg, recueils d’anecdotes, de contes, d’informations pratiques, illustrés de gravures rehaussées parfois à la couleur. Il est utile de rappeler que la technique de la gravure sur bois a permis, quelques décennies avant Gutenberg, de diffuser dans toute l’Europe des savoirs religieux ou vulgaires.

Article détaillé : Bois Protat.

Dès le milieu du xve siècle, le livre conserve son format codex mais ce sont désormais des cahiers de papier qui sont cousus entre eux selon différents rapports de pliage (in-folioin-octavoin-quarto, etc.), tels que nous les connaissons aujourd’hui. Les livres imprimés avant le  sont appelés incunables. Faire relier ces cahiers sous couverture dure coûte cher (cuir, ornements, etc.) et reste l’apanage d’une classe aisée.

Article détaillé : Incunable.

Diffusion de la presse à caractère mobile

Le point de départ se situe dans la vallée du Rhin, entre Mayence et Cologne. Des apprentis venant de toute l’Europe convergent vers ces villes pour acquérir la maîtrise de cette nouvelle technique. Ainsi, le flamand Colard Mansion, venu de Bruges, accompagné de l’anglais William Caxton, reviennent tous deux en leurs pays pour y diffuser l’imprimerie à caractère mobile ; ils seront les premiers à fabriquer des ouvrages en langue vernaculaire (française et anglaise). Lyon et Paris — autour de la Sorbonne avec entre autres Ulrich Gering — voient arriver des maîtres imprimeurs rhénans, qui formeront à leurs tours de nombreux apprentis. En Italie, c’est Venise qui voit Alde l’Ancien développer dès 1494 des techniques d’impressions qui vont faire école.

La typographie et l’imprimerie appellent de nombreux orfèvres : en effet, chaque caractère d’impression nécessite préalablement une gravure en creux, une matrice, dans laquelle viendra couler le plomb d’imprimerie ; par ailleurs, les ornements, les illustrations qui sont tirées à part, requièrent des mains expertes. Ce nouveau secteur économique n’est pas réservé aux hommes : une femme comme Charlotte Guillard sut dès 1520 s’imposer à Paris.

Diffusion du livre : privilège, interdits et censure

1750, Nouveau traité de diplomatique… de Tassin avec autorisation du supérieur général Laneau de st-Maur, du censeur royal Sallier et du privilège du roy délivré par Sainson.

Les premiers livres imprimés tombaient dans le domaine public dès publication sauf s’ils étaient protégés par un privilège délivré par une autorité compétente (politique ou religieuse) qui protégeait alors l’auteur mais surtout l’imprimeur-éditeur. Ce système est particulièrement efficace en France de 1480 jusqu’à la Révolution, il se double bien entendu d’un moyen de contrôle voire de censure. Le premier dépôt légal est institué en France en 1537.

En Espagne et en Italie, les débuts de l’expansion du livre sont marqués par des autodafés : par exemple, à Florence, en 1498, des bûchers de vanités livrent au feu de nombreux ouvrages ; à Rome, en 1559, l’Index institue la liste des ouvrages interdits. Cette période marquée par l’Inquisition catholique vise particulièrement le livre, mais, en face, la Réforme protestante n’est pas plus tolérante à l’égard de certains auteurs.

Naissance de l’auteur

Autour de l’année 1600, trois auteurs aujourd’hui considérés comme universels vont naître aux yeux du public, et ce, par la grâce d’éditeurs-libraires qui s’emploient à les publier, à rassembler leurs manuscrits, à les illustrer parfois et donc à en favoriser la diffusion : Montaigne (Essais, 1580), Cervantès (Don Quichotte, 1605) et Shakespeare (Folio6, 1623). L’humanisme est alors à son apogée, et la « fonction-auteur » telle que la définit Michel Foucaultémerge7, non sans provoquer des réactions du côté de la censure : ainsi, les Essais seront mis à l’Index.

La question du droit d’auteur

Jusqu’à la fin du xviiie siècle, l’auteur d’un livre ne touche pas de pourcentage sur les ventes au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Il ne peut compter que sur ses ressources propres (s’il finance l’impression), le mécénat (l’aide du roi, d’un prince ou d’une confrérie), et le règlement forfaitaire de l’éditeur-libraire qui achète le manuscrit suivant une somme négociée.

En Angleterre, en 1662, le Licensing Act permet aux éditeurs de s’unir sous la bannière de la Worshipful Company of Stationers and Newspaper Makers : à cette loi visant à contrôler la moralité des écrits, répond une sorte de syndicat des éditeurs et de la presse où va émerger l’idée de rémunérer les auteurs. Le 10 avril 1710, avec le Statute of Anne, naît à Londres la première loi véritablement fondatrice du droit patrimonial sur les œuvres artistiques. En France, il faut attendre la fondation, en 1838, de la Société des gens de lettres à l’imitation de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) créée par Beaumarchais en 1777, qui s’inspire sans doute de la Lettre sur le commerce des livres (1763) de Diderot pour que le droit évolue en faveur de l’auteur.

Article détaillé : Histoire du droit d’auteur.

Vingt ans plus tard, le philosophe Emmanuel Kant rappelle en substance dans ses Principes métaphysiques de la doctrine du droit (1798) que8,9 :

« le livre est ainsi situé dans la classe des « mandats » et des contrats de location, et non d’aliénation. Le libraire agit au nom de l’auteur, dont la propriété n’est pas transférée, et non à sa place. Se trouvent ainsi fondés, tout ensemble, l’illégitimité des reproductions faites aux dépens du libraire éditeur qui a reçu mandat de l’auteur et le droit personnel de l’auteur, un droit unique et exclusif, inaliénable et imprescriptible, qui prévaut sur le droit réel attaché à l’objet, à l’ »opus mechanicum » devenu propriété de son acheteur. [...] Le livre est donc, à la fois, un bien matériel dont l’acheteur devient le propriétaire et un discours dont l’auteur conserve la propriété « nonobstant la reproduction » »

.Dans le même mouvement, Fichte propose de distinguer, dans toute œuvre, sa forme écrite des idées qu’elle exprime. Les idées sont universelles et ne peuvent justifier d’appropriation personnelle, hors pour son auteur. La forme écrite, le livre, permet l’appropriation, seulement à titre d’usufruit ou de représentant, des idées de l’auteur. Selon Fichte, pour qu’un texte soit soumis aux droits de propriétés des choses par le biais du livre, il faut le détacher de toute matérialité9.

Cette nouvelle importance accordée aux idées provoque l’évolution de la notion manuscrit. Jusque-là, il était réalisé par un copiste, à partir des écrits de la main de l’auteur. Ces derniers étant souvent jetés, car seul le manuscrit du copiste faisait foi dans le processus d’édition. Mais, à partir du moment où l’auteur est rémunéré pour ses idées, le texte écrit de sa main devient la preuve de l’existence et de la propriété de l’idée. Le manuscrit du copiste perd alors de l’importance jusqu’à disparaître, et seul le manuscrit de l’auteur fait foi dans le processus d’édition et dans l’établissement des droits9.

Les premiers formats populaires

Au tout début du xviie siècle, Troyes voit l’éclosion d’un nouveau format, la brochure, recouverte d’un papier bleue, et contenant des récits populaires, des histoires d’inspiration religieuse, des contes, des informations pratiques (saisons, récoltes, etc.) destinées à un lectorat rural et véhiculées par un système de colportage. La « Bibliothèque bleue » eut sans doute un impact considérable sur la diffusion du livre en France, tandis que dans d’autres pays européen, des formats similaires existaient. En Angleterre, le format populaire dit chapbook permet, dès la fin du xvie siècle d’apporter dans les foyers des contes folkloriques ou des abrégés de grands classiques illustrés de gravures sur bois : là aussi, il s’agit d’un petit format de type brochure. De nos jours, l’on retrouve sous la forme du paperback(livre à couverture souple, réimpression) le format brochure populaire, tandis que le hardcover (livre relié avec couverture en dur, édition originale) vient en miroir des éditions autrefois reliées et destinées à un public fortuné : ces deux formats standards d’édition ne sont pas présents en France où la couverture souple l’a emporté.

Liens entre premiers journaux et livre

Avant l’apparition du journalisme comme profession, ce sont surtout des écrivains ou hommes de lettres qui écrivent les articles de presse et ce jusqu’à la fin du xixe siècle10.

Les encyclopédies : un impact politique

Si le mouvement encyclopédique est né en Angleterre et en Allemagne, son épanouissement a lieu en France avec la conception, la production et la bataille politique qui prend place autour de l’Encyclopédie dirigée par Diderot et D’Alembert entre 1751 et 1771. Avec cette « aventure éditoriale » le livre entre dans une ère pré-industrielle qui va culminer au xixe siècle et que l’historien Roger Chartier qualifie de « livre triomphant », période qui débute en réalité au milieu du xviie siècle. Si l’Encyclopédie est un usuel, elle a toutefois un impact politique : d’un coût et d’un prix élevé, elle est néanmoins diffusée à travers les couches sociales de la petite et moyenne bourgeoisie qui s’ouvrent ainsi aux nouvelles idées, celles des Lumières.

Illustrations et bibliophilie

Avec les moyens de l’imprimerie et la réduction de ses coûts d’exploitation, les univers de la bibliophilie et du livre illustré prennent un tournant significatif dès le milieu du xviiie siècle. En France, en Allemagne ainsi qu’au Royaume-Uni, le milieu de l’impression est en constante évolution, rendant accessible la diffusion d’ouvrages de types variés, allant des éditions d’ouvrages classiques illustrés aux ouvrages d’érudition (encyclopédies, dictionnaires, essais scientifiques illustrés). Un nouveau marché émerge, celui de l’estampe, qui capte non plus seulement l’aristocratie mais la bourgeoisie : dans cette perspective, le livre illustré devient un objet de convoitise, le signe d’une élévation dans l’échelle sociale. L’un des joyaux français de cette époque est l’édition des Contes et nouvelles en vers de La Fontaine dite des « Fermiers généraux »11. En Grande-Bretagne, les œuvres de Shakespeare, le Paradis perdu de Milton, les Waverley Novels de Walter Scott donnent lieu à de somptueuses éditions. Le poète William Blake, de son côté, invente le livre d’artiste.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_livre